L'air du temps apporte chaque jour son lot de paradoxes que chacun tente de gérer comme il le peut. Le système politique devrait travailler à réduire les fractures et les tensions sociales, à protéger les citoyens des abus du système économique.
Malheureusement, il se soumet systématiquement à la défense des intérêts financiers et perd progressivement la confiance de la population. Celle-ci a de plus en plus l'impression que ses instances dirigeantes sont globalement hors-sol, déconnectées de la réalité quotidienne. Aussi les multiples dégâts de la mondialisation, avec son apologie de la compétitivité généralisée, de l'intérêt personnel et de la violence, au détriment de la terre, l'eau et l'air, du lien démocratique et des droits humains, poussent beaucoup de gens à réfléchir à d'autres modes de fonctionnement.
On peut observer que tous les mouvements sociaux, SEL compris, qui y travaillent, sont d'accord pour affirmer que c'est par la coopération, l'entraide et le partage que nous parviendrons à contrer ce diktat économique destructeur qui soumet le plus grand nombre à sa botte. J'ai d'ailleurs le privilège de constater, avec ce bulletin 51 entre vos mains, que ce sont bien ces valeurs qui ont permis sa sortie, grâce à l'aide du comité et de plusieurs membres du SEL qui l'ont pris en charge à ma place. Qu'ils soient ici remerciés de nous offrir à tous une belle application pratique de la solidarité.
Pour le comité : Edith Samba
Ce bourg d'Andalousie s'est débarrassé de ses propriétaires terriens et de ses patrons... Récemment, deux représentants de cette commune étaient de passage à Genève à l'invitation du parti genevois Solidarités, et le « Courrier » les a rencontrés.
A la fin des années septante, le chômage, massif incite les habitants à entamer un combat acharné auprès de la Communauté autonome d'Andalousie pour obtenir du travail, ce qui aboutit à la collectivisation de 1'200 hectares de terre. A la culture des olives, poivrons, fèves, s'ajoute une fabrique de transformation des produits agricoles. Depuis dix ans, la production est à son maximum et le plein emploi est la règle. Quatre cent postes de travail forment le gros des emplois de ce village de 3'000 habitants.
Tout le monde reçoit le même salaire : 47 euros par jour pour six heures et demie de travail, paie légèrement supérieure à celle pratiquée dans la région. Les bénéfices sont réinvestis dans la production afin de créer des emplois. Les postes à responsabilité sont soumis à réélection tous les deux ans et sont révocables. « Lorsqu'il n'y a pas assez de travail pour tous, nous tirons au sort les jours chômés pour l'ensemble des collaborateurs. Les sphères économique et politique ne sont pas vraiment séparées. Les quarante à cinquante assemblées des habitants par année sont autant consacrées aux questions de production qu'à la gestion courante de la municipalité et du budget ».
Bien sûr tout n'est pas rose... Le rendement de la production pourrait être bien meilleur... il n'y a aucune politique de répression.
De même la participation aux assemblées et aux tâches communautaires laisse parfois à désirer... « Une fois que le travail et le pain sont assurés, on est moins motivé à collaborer activement au processus... ».
Un défi économique de taille se présente aussi pour l'avenir : obtenir des liquidités pour de nouveaux investissements afin de diversifier la production. Les prix agricoles sont bas, et les prêts sont très chers... Nous allons tenter de favoriser la création d'une banque publique de notre région, de créer notre propre marque, et d'obtenir de meilleures marges sur les ventes... « Dans tous les cas des solutions devront être trouvées, car les contributions de l'Etat espagnol aux municipalités andalouses ont baissé de 40 % »...
Une maison pour 15 euros
« Le logement est un droit, pas une marchandise... » Dans cette optique, la commune a développé un programme d'« autoconstruction » destiné aux personnes qui ne disposent pas déjà de leur maison. Le principe est simple : en échange de leur travail sur de nouvelles habitations d'une durée de 300 ou 400 jours répartis sur plusieurs années, les travailleurs recevront à titre personnel une maison en droit d'usage. Une fois logés, les bénéficiaires s'acquittent de 15 euros par mois jusqu'à ce qu'ils aient remboursé le coût des matériaux de construction, rien de plus.
Les futurs habitants ne travaillent pas nécessairement à la construction de leur propre appartement, car si tel était le cas, les personnes mettraient davantage d'application à construire leur propre maison, et négligeraient celles des autres... ont pensé les concepteurs du projet... Pragmatiques, ces idéalistes... !
Tiré d'un article du Courrier du vendredi 4 mai 2012
M. Borel
Nous, 3 membres du SEL vaudrusien avons participé aux rencontres Intersel en Haute-Savoie. Cette rencontre a duré 1 semaine et nous les avons rejoints pour le
week-end.
Nous avons trouvé 430 personnes de France d'Italie et de Suisse, les uns campant dans un champ, les autres dans un camping-car et d'autres encore logeant dans des dortoirs avec des températures extérieures frisant les 30°.
Les activités de la journée ont été organisées par les selistes, aussi variées qu'intéressantes par ex. du chant, du yoga du rire, des contes, de la sculpture, des conférences dont celle de Jean-Michel Servet, docteur en économie, un troc intersel.
Lors de cette rencontre intergénérationnelle, chacun se sentait acteur et respecté. Tous les matins, nous faisions le programme où chacun pouvait proposer une activité. La parole était donnée à qui la demandait. La démocratie appliquée, l'entraide et le covoiturage fonctionnaient tout naturellement.
Les selistes romands se sont retrouvés samedi pour discuter des particularités de chaque SEL, problèmes de recrutement, de comment intégrer les jeunes, de structures Intersel et de la suite à donner en 2013.
Nous, les neuchâtelois avons été sollicités pour organiser la prochaine journée
Intersel romande. (Un P.V. détaillé sur la rencontre peut être lu sur le site Intersel romand.)
A. Nenavoh
Voici l'idée toute simple du site Internet Savez-vous planter chez nous ? : permettre la rencontre de personnes possédant un jardin, mais qui n'ont pas de temps ou l'envie de s'en occuper, avec des personnes qui n'ont pas de jardin, mais qui rêvent de cultiver un potager. L'un prête un bout de son jardin, l'autre vient le cultiver et en échange ils partagent les récoltes.
Grâce au système de dépôt d'annonces par département, propriétaires et personnes à la recherche d'une parcelle à cultiver habitant dans la même ville peuvent se rencontrer. Les 2 personnes fixent librement les modalités de l'échange :
- partage des récoltes,
- quota de dépenses d'eau,
- entretien du jardin,
- création d'un jardin d'ornement.
Chacun doit y trouver son bonheur.
Il suffit de s'inscrire pour déposer gratuitement une annonce ou consulter les annonces déjà présentes sur le site. Une rubrique conseils propose des astuces respectueuses de l'environnement pour faire son potager et l'entretenir au quotidien.
La rubrique Savez-vous ? présente des articles pratiques tels que comment faire revenir les oiseaux dans son jardin ou comment installer un poulailler dans son jardin.
Au-delà du plaisir de savourer de bons légumes, cet échange a de nombreux avantages (entretien du jardin, présence d'une personne lorsque les propriétaires sont en vacances, compagnie pour certaines personnes vivant seules...), c'est une façon ouverte, économique et conviviale de concevoir le potager.
Savez-vous planter chez nous ?
1 place des Paveurs
31130 Balma
Tiré de Biocontact de mars 2012 (concerne aussi La Suisse).
Éric Jacquet